Nos élu-e-s et le 0,7% cantonal

Résultats de la consultation 2013

A la fin de l’été, la FGC a fait parvenir un questionnaire à 456 candidat-e-s aux élections au Grand Conseil et au Conseil d’Etat du 6 octobre 2013. Cette démarche fait suite aux consultations lancées auprès des candidat-e-s aux élections cantonales genevoises de 2009 ainsi qu’aux élections municipales et fédérales de 2011.

Cette année, le courrier comportait une unique question: «Vous engagez-vous à ce que la Loi sur le financement de la solidarité internationale soit pleinement appliquée au plus tard d’ici la fin de la prochaine législature, soit en 2018?»
Les personnes interrogées avaient la possibilité d’ajouter un commentaire. Une possibilité largement exploitée puisque pas moins de 125 personnes ont pris la peine de nous communiquer leurs remarques, arguments et autres appréciations.

Participation record
Au total, ce sont 190 réponses -12 négatives et 178 positives- qui nous sont parvenues, émanant de tous les partis. 

Avec un taux de réponse de 41,6%, cette enquête a enregistré le taux de retour le plus élevé des quatre consultations menées depuis 2009 !

 

Des réponses argumentées
La majorité des personnes ont répondu positivement à la question posée. Avec, parfois, des nuances apportées dans la section des commentaires en lien, notamment, en rapport avec la dette du Canton. 

Sur les douze réponses négatives, onze sont accompagnées d’un commentaire, source d’information précieuse pour nous aider à mieux cerner les craintes des politiques.
Ainsi, sept des douze personnes ayant répondu négativement à la consultation avancent, comme motif principal, le problème des contraintes budgétaires et la nécessité de donner priorité à l’aide sociale dans le canton. D’autres raisons sont invoquées que nous vous invitons à consulter sous les extraits de citations.

 

Participation par partis
Sans surprise, la participation est plus élevée se retrouve dans les partis acquis à l’augmentation des fonds publics consacrés à la solidarité internationale.

Les membres de la formation Ensemble à gauche sont les plus nombreux à avoir répondu (36), suivis des Socialistes et des Verts (33 chacun).
La participation la plus faible se retrouve dans les petits partis tels que le Parti Pirate ou le Parti bourgeois démocratique. 


Détail du nombre de réponses par parti:

Participation partis enquête

 

Commentaires et arguments
La majorité des commentaires écrits retournés accompagnent une réponse positive.

Nous avons choisi de regrouper les commentaires en différentes rubriques (voir ci-dessous) et de les illustrer par un Verbatim des citations reçues.
                 

Eléments de bilan
Nous avons relevé que la majorité des candidat-e-s avaient une opinion déjà formée sur la question. Quelques personnes ont manifestement découvert une réalité qu’elles connaissaient peu, grâce à notre démarche. Après la nécessité d’appliquer la loi, le devoir de solidarité et la nécessité de lutter contre la pauvreté est un argument qui 
revient parmi des candidates et candidats de presque tous les partis.

Parmi les craintes, relevons la peur d’augmenter la dette de Genève. Mais combien de Genevoises et Genevois savent-ils que le canton fait partie des contributeurs dans le cadre de la péréquation financière fédérale, c’est-à-dire qu’il est considéré comme un canton riche à l’échelle suisse?

Autre crainte : que soient oubliés les pauvres locaux. D’où le défi de faire passer le message qu’il n’y a ici pas de vases communicants; que de politiques économiques et sociales qui ont conduit à de la pauvreté ici et là-bas ; que le fait de se préoccuper de solidarité internationale ne signifie pas que l’on n’éprouve aucune empathie, ni besoin de solidarité, envers les personnes qui souffrent ici de pauvreté?

Sur la qualité de l’aide et la nécessité de sa transparence, les personnes engagées à un titre ou à un autre dans la solidarité internationale se déclarent satisfaites du travail effectué et convaincues de son efficacité.

Le rapport complet peut être consulté sur l’Intranet de la FGC par ses membres, ou commandé au secrétariat pour les personnes externes intéressées.

 

 Raisons invoquées lors des retours de consultation

1. Le respect de la loi et des engagements internationaux 

"Il est temps qu'une loi votée en 2001, confirmée en 2009, s'applique enfin. La crédibilité du parlement est en jeu, le système démocratique est en question !" (candidate Ensemble à gauche). 
 

2. Le devoir de responsabilité envers autrui, de solidarité, de lutte contre la pauvreté 

"Soutenir les pays du Sud c'est lutter contre la pauvreté et les inégalités. Nous devons offrir à ces populations les moyens de vivre dignement sans qu'ils ne soient obligés de s'expatrier. La formation, l'accès à l'eau potable et l'accès aux soins médicaux de base sont trois piliers indispensables pour une aide concrète." (candidate PLR)

"C’est une excellente idée de la part de la FGC et avec le contrôle du canton de Genève de voter un budget pour les pays émergents car c’est ainsi que les habitants de ces continents peuvent se prendre en charge et subvenir à leurs besoins plus tard." (candidate UDC) 

3. La nécessité d’une gestion transparente et efficiente de l’aide

"L'objectif de 0,7% ne doit pas constituer une fin en soi. Ce qui importe c'est que les projets soutenus soient de qualité. Si Genève peut soutenir d'excellents projets pour un montant de 0,7% de son budget annuel de fonctionnement, alors le BSI1 doit être capable d'allouer ces fonds. Mais il est hors de question de dépenser des sommes importantes sans examiner la qualité des projets, uniquement pour remplir un quota légal." (candidat du Parti bourgeois démocratiqu / réponse négative) 
 

4. Le constat de l’efficacité de la solidarité sur le terrain et de sa bonne gestion sur terre genevoise

"Pour avoir audité la majeur partie des entités subventionnées par l'Etat de Genève, lors de 
mon parcours professionnel au sein de l'Etat de Genève, je suis convaincue de leur efficacité sur le terrain et de la nécessité pour l'Etat de Genève d'agir au travers de ces entités afin de déployer cette politique." (candidate MCG)
"Il faut non seulement respecter la loi genevoise mais également faire de Genève un modèle dans ce domaine. Parmi les régions les plus riches du monde, plate-forme de la gouvernance internationale, notre Canton se doit d’être un exemple et arrêter de diminuer ou de contester le budget qu’il consacre à la solidarité internationale." (candidat Les Verts)
"Cette loi a été votée depuis plus de 10 ans et il est temps de l'appliquer, d'autant plus que 
Genève, ville internationale et des droits humains par excellence s'est toujours engagée en 
faveur des plus démunis et se doit de continuer." (candidate PDC)