Plus de 230 personnes présentes pour la 6e Journée Genève solidaire

La 6e Journée Genève solidaire a rassemblé plus de 230 personnes, vendredi 4 octobre 2019, au Théâtre de la Cité Bleue à Genève. Une soirée festive et informative, au programme riche, organisée sur le thème des droits de l'enfant sous la bannière: «30 ans de droits: les enfants au coeur de la coopération».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photos: Magali Girardin

 

L'événement était organisée par la FGC, en partenariat avec l’Association 30 Ans de Droits de l’Enfant, la Ville de Genève et plusieurs membres de la Fédération: ASED (Action de Soutien à l'Enfance Démunie), la Centrale Sanitaire Suisse Romande (CSSR), Enfants du Monde, la Fondation Aide aux Enfants, le GRAD et Terre des Hommes Suisse.

La FGC, ses partenaires et ses associations membres se sont ainsi joints aux célébrations de l'automne 2019 qui marquent les 30 ans de la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant, les ONG ayant été d'importants aiguillons pour faire adopter ce texte en 1989.

Lire aussi: S'engager pour les droits de l'enfant, zoom sur les projets des ONG centrés sur les enfants

 

Expos, vidéos et animations dans le foyer

Dans le foyer du théâtre, le public était d'abord convié à découvrir plusieurs expositions de photos, des vidéos et des projets portés par les associations membres de la FGC:

> L'exposition Enfants reporters, proposée par Terre des Hommes Suisse, Enfants du Monde et l'Association 30 Ans de Droits de l'Enfant qui présente des reportages et des images de «making of», tournés au Sénégal et au Pérou par des enfants qui ont enquêté, se sont interrogés et exprimés sur leurs droits.

 

   

 

L'exposition Enfants reporters est encore visible jusqu'au 31 octobre 2019, sur le Quai Wilson, à Genève.

 

> Les photographies de l'exposition présentée par ASED pour son 30e anniversaire.

 

 

> 360° sur le monde, l'installation de réalité virtuelle de la FGC qui permet de s'immerger dans des projets de développement dont plusieurs traitent des droits de l'enfant : la Marche de l'espoir et la sensibilisation dans les classes (Terre des Hommes Suisse), le théâtre avec les enfants à Kinshasa (Assotic) et la ferme-école à Madagascar (ASED), inaugurée le 4 octobre.

 

    

 

> Les stands d'information de la CSSR pour présenter ses projets auprès des jeunes en Palestine, de la Fondation Aide aux Enfants dont les activités se déroulent en Colombie dans les foyers Bambi, les publications du GRAD.

 

  

 

 

Une discussion-débat animée

En ouverture de la discussion-débat, René Longet, président de la FGC, et Esther Alder, conseillère administrative en Ville de Genève, en charge du Département de la cohésion sociale et de la solidarité, ont prononcé les mots d'introduction.

 

 

Dans son allocution, René Longet a expliqué que «la convention sur les droits de l’enfant est en quelque sorte l’explicitation pour la jeunesse et l’enfance d’un des textes sur lesquels se fonde la coopération, le Pacte des Nations Unies sur les droits économiques, sociaux et culturels». Il a rappelé qu'«un quart des moyens financiers alloués par l’entremise de la FGC vont à des projets de formation, bénéficiant directement à la jeunesse» et que «tous les projets de coopération ont également des retombées positives pour les enfants». 

Pour sa part, la conseillère administrative Esther Alder a admis «qu'en 30 ans, de grands progrès ont été réalisés en matière de droits de l’enfant, tant au Nord qu’au Sud». Pour autant, a-t-elle ajouté, «il faut reconnaître que beaucoup reste à faire pour assurer l’effectivité des droits de l’enfant. Et un constat s’impose: les droits de l’enfant, comme ceux des femmes d’ailleurs, ne sont jamais des acquis. Il faut lutter encore et toujours pour assurer leur mise en œuvre».

Esther Alder a également présenté le plan d'actions de la Ville de Genève pour la promotion des droits de l'enfant, qui «repose sur trois axes: le maintien et l’amélioration de la qualité de vie des enfants, l’égalité et la participation», par laquelle les jeunes font notamment l'apprentissage de la citoyenneté et de la responsabilité. Elle a rappelé que les efforts de la municipalité ont été couronnés par le label «commune amie des enfants» décerné par UNICEF Suisse.


 

 

Une discussion-débat entre le professeur Philip D. Jaffé, directeur du Centre interfacultaire en droits de l’enfant de l’Université de Genève et membre du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, et Khadim Dieng, coordinateur national de Terre des Hommes Suisse au Sénégal, a permis de mieux cerner le rôle de la Convention internationale sur les droits de l'enfant et l'impact des projets de coopération au Sénégal pour promouvoir les droits de l'enfant et protéger les plus jeunes.

Philip D. Jaffé a rappelé que «Genève est le berceau des droits de l’enfant». C'est d'ailleurs dans cette ville, au Palais Wilson, que le comité de l'ONU se réunit trois fois par an. Tirant un bilan de 30 ans de convention, le spécialiste s'est félicité «d'avancées incroyables: le taux de mortalité infantile par exemple a chuté drastiquement, le taux de scolarisation a augmenté, celui des filles en particulier, même si l'on peut se questionner sur la qualité de l’éducation. Il y a  certes une révolution à entreprendre au niveau de l’éducation dans beaucoup de pays. Mais je suis confiant, car les États ont compris que le développement économique passe par l’accroissement de l’éducation des enfants». Toutefois, note-t-il, «la pauvreté plombe encore le travail et les avancées relatives aux droits de l’enfant» en Suisse comme ailleurs dans le monde».

 

Lire l'interview de Philip D. Jaffé dans le Courrier

 

  

 

Khadim Dieng a rappelé que les États d'Afrique de l’Ouest ont ratifié la Convention rapidement et que «la société civile a été très enthousiaste lors de ces ratifications». La Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, adoptée par l'OUA en 1990, a permis de prendre en compte le contexte africain et des aspects spécifiques comme le mariage des enfants, a-t-il expliqué: «Ces instruments juridiques donnent une légitimité pour interagir avec les autorités et solliciter les États.»

Pour autant, dans un récent rapport qui dresse un état des lieux de la situation, de grandes ONG évoquent un «programme inachevé» et appellent à une «deuxième révolution» sur les droits de l'enfant, tant il reste de chemin à parcourir, en matière de protection des enfants contre la violence par exemple. Au Sénégal, les enfants qui travaillent et/ou mendient dans les rues représentent ainsi une importante préoccupation, a expliqué Khadim Dieng.

 

 

De même que la qualité de l'éducation: «Il y a de nombreuses raisons d’être optimistes, mais dans le fond, le travail est inachevé: l’effectif des classes est de 80 élèves en moyenne au Sénégal, il y a des disparités très fortes entre les régions et particulièrement pour les groupes vulnérables, explique Khadim Dieng. Et si on regarde la question du handicap, 90% de ces enfants n’ont pas accès à l’éducation. Pour les filles, c'est vrai que leur taux d’accès à la scolarisation augmente, mais seulement jusqu'au collège: à partir du lycée l’entonnoir se renverse.» «Les ONG, poursuit-il, essaient de faire du plaidoyer et du lobbing: on se mobilisera tant qu’il y aura encore un enfant qui ne va pas à l’école».

Les ONG sont également fortement engagées sur le thème de la participation: «Elle passe par la connaissance des droits et par la mise en place d’un cadre, comme celui des clubs scolaires», explique Khadim Dieng. «Les enfants y invitent les politiques et les interpellent sur les droits que ne sont pas respectés et sur les questions qui les préoccupent. Au Sénégal, par exemple, les enfants ont exigé que le Parlement des enfants soit institutionnalisé. Ils ont aussi demandé que le code de l’enfant soit adopté, et aujourd’hui l’Etat y travail». «A Genève aussi, les enfants ont des raisons d’être fier d’eux, quand on voit 5000 enfants qui marchent (lors de la Marche de l'espoir, dont la prochaine a lieu le dimanche 13 octobre, ndlr), c’est une forme très forte de participation».

 

«Je veux apprendre!», une troupe d'enfants chantent leurs droits

La soirée s'est poursuivie par la comédie musicale: «Je veux apprendre!», un spectacle musical présenté par la compagnie Théâtrochamp et mis en scène par Anouchka Sommaruga, à partir d'un texte écrit par Fabien Bouvier.

Commandé pour les 30 ans de la Convention de l'ONU, «Je veux apprendre!» vous est proposé en avant-première et pourra être revu lors de la journée festive du 20 novembre sur la place des Nations.

Le spectacle met en scène 16 enfants et adolescent·e·s de Théâtrochamp qui sensibilisent les spectateur·trice·s aux droits de l'enfant avec énergie, entrain et humour.

 

            

 

Les tables rondes de la FGC, ce sont aussi: des discussions informelles et des occasions d'échanges.

 

Catherine Schümperli Younossian, secrétaire générale de la FGC (au centre)

en compagnie de deux représentants des Verts, Didier Bonny et Laurence Corpataux.