«Nazali Lokola Yo», questions de genre mises en scène à la Parfumerie

Plus de 60 personnes ont assisté à la discussion consacrée aux questions de genre et d'égalité, ainsi qu'au travail des ONG sur ces questions, lors d'une soirée organisée par la FGC et la Ville de Genève (DGVS), jeudi 14 novembre au Théâtre de la Parfumerie.

 

           

Photos: ©David Wagnières

 

Les membres de la FGC, comme les autres ONG, inscrivent leurs activités dans le cadre de l'ODD 5: il vise l'égalité entre les sexes, l'autonomisation des femmes et des filles, l'élimination des discriminations, ainsi que l'élimination de toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles, y compris la traite et l’exploitation sexuelle, a rappelé Michaela Büschi, coordinatrice du partage des savoirs à la FGC en ouverture de la soirée.

 

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Animé par Jesusa Ona, responsable de l'égalité des chances à la HES-SO Genève et consultante indépendante, le débat a réuni Tessa Cerisier de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté; Maguy Kalomba, comédienne de la troupe des Intriguants et Michel Faure, metteur en scène et fondateur de l'Assotic.

 

 

Des droits largement bafoués

Les échanges ont servi d'introduction à une représentation du spectacle Nazali Lokola Yo (Je suis comme toi) de la compagnie Théâtre des Intrigants (RDC), soutenue par l'Assotic. Ce spectacle qui met en scène trois comédiennes et trois comédiens questionne les rapports entre hommes et femmes à Kinshasa, en RDC et plus généralement dans le monde. Il a aussi donné matière au débat au cours duquel le contexte et les enjeux liées aux questions d’égalité et de genre en RDC ont été développés.

La pièce sensibilise le public aux droits des femmes en Afrique et en République Démocratique du Congo, un pays qui a ratifié le protocole de Maputo. Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, ce traité international garantit les droits des femmes, y compris le droit de participer au processus politique, l'égalité sociale et politique avec les hommes, une autonomie améliorée dans leurs décisions en matière de santé et la fin des mutilations génitales. Il a été adopté par l'Union africaine sous la forme d'un protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples à Maputo, au Mozambique, le pour une entrée en application au . «Le spectacle présente certains articles du protocole et les confronte à la réalité pour mettre le spectateur·trice à l'université du féminisme», lance Michel Faure.

 

 

Nazali Lokola Yo raconte les difficultés quotidiennes des femmes de Kinshasa, de la RDC et plus largement d'Afrique et dans le monde: harcèlement dans la rue, enjeux autour des questions de dot, accès des filles à l'éducation et droit de se former, mutilations féminines génitales, violences et viol conjugal, mais aussi participation aux processus politiques et à la vie économique. «A Kinshasa, où la pièce a été créée 2018 prioritairement pour un public congolais ou africain, elle a suscité beaucoup de discussions, y compris au sein de la troupe. Elle a été mieux accueillie par les jeunes générations, désormais prêtes à changer de comportements, que par les anciens. Certains d'entre eux craignaient que la pièce ne rende leur femme trop rebelle!», a expliqué Maguy Kalomba.

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«En RDC, quand on travaille sur les questions de genre, on est rapidement considérée comme une femme rebelle ou un homme faiblard, confirme Tessa Cerisier. Il n'est pas facile d'être un·e activiste féministe dans ce pays et la mise en oeuvre concrète du protocole de Maputo est compliquée». Kinshasa est d'ailleurs considérée comme la deuxième ville la plus dangereuse du monde pour les femmes à égalité avec Karachi et derrière Le Caire, selon une étude de l'organisation caritative Thomson Reuters Foundation. «Parmi les critères qui ont déterminé le choix des spécialistes, on retrouvait le niveau des agressions sexuelles, l'accès aux soins médicaux et à l'enseignement, la fréquence de certaines traditions culturelles comme, par exemple, les mutilations génitales féminines, ainsi que les possibilités économiques», explique Michel Faure.

 

  

 

Nazali Lokola Yo poursuit l'aventure artistique de la première pièce Nazali Kinshasa, qui avait tourné en Suisse romande en 2017. Cette pièce avait été un grand succès et avait donné lieu à une soirée spéciale pour la Journée Genève solidaire 2017 consacrée au thème de la culture, levier de développement.

 

 

Informations pratiques

Représentations de Nazali Lokola Yo à La Parfumerie jusqu'au 24 novembre

Reprise de Nazali Kinshasa du 26 novembre au 1er décembre 2019

Réservations: 022 341 21 21 et reservation.parfumerie@gmail.com

Infos sur le site de la Parfumerie