Coupes dans le budget municipal de la coopération: le non l’emporte

La Fédération genevoise de coopération (FGC) salue le résultat de la votation du 4 mars 2018 en Ville de Genève : à 53%, les électrices et électeurs ont refusé la coupe de 340 000 francs dans le budget 2017 de la solidarité internationale.

Dans les quartiers des Pâquis, Prairie-Délices, Cluse-Roseraie, Mail-Jonction, Saint-Jean et Croppettes-Vidollet, le score s’est approché ou a dépassé les 60% de non.

La FGC et ses associations membres avaient appelé les citoyennes et citoyens ayant le droit de vote en Ville de Genève à refuser la coupe. Elles se sont mobilisées durant la campagne.  

Depuis 1970, les pays industrialisés se sont engagés à accroître l’aide au développement à hauteur de 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB), un minimum au regard des besoins et des inégalités dans le monde. En Suisse, la Constitution fédérale (dans son article 54), comme celle du canton de Genève (article 146), considèrent l’engagement des collectivités publiques pour la coopération au développement comme une contribution importante à la dignité humaine et à la stabilité du monde.

Actuellement, 17 communes genevoises affectent plus de 0,7% de leur budget de fonctionnement à l’aide au développement. La Ville de Genève, pour sa part, n’y est pas encore : en 2016, elle a consacré 0,61% à la solidarité internationale. Amputer ce budget aurait encore éloigné la municipalité de son objectif.

Par ailleurs, si l’aide publique au développement fournie par la Suisse vise à réduire la pauvreté et à améliorer le bien-être dans les pays en développement, son impact sur l’économie suisse n’est pas négligeable : au niveau suisse, chaque franc d’aide a généré en moyenne, des retombées économiques sur le PIB helvétique d’environ 1,20 francs (1,19) *.

Cette année plus que jamais, les affrontements politiques municipaux ne doivent pas se dérouler sur le dos des plus pauvres. Surtout dans notre ville qui, à juste titre, est fière de son rôle international. Un tel rôle a son prix : celui d’un engagement efficace sur la durée aux côtés des plus démunis dans le monde.

* DDC – SECO, Retombée économiques de l’aide publique au développement en Suisse, Etude 2014, décembre 2015.