La situation au Burkina faso au 30 septembre 2015

 Le Burkina Faso a traversé un coup d’Etat qui aurait pu le mettre à feu et à sang. Grâce au courage et à l’engagement du peuple et de l’armée fidèle au gouvernent de transition, la situation revient à la normale.

Le 31 octobre 2014, Blaise Compaoré qui avait pris le pouvoir en 1987, à la suite d'un sanglant coup d'Etat contre Thomas Sankara voulait se représenter aux élections, alors que la constitution ne le permettait pas. Il prévoit donc de faire changer la constitution. Mais le peuple n’en veut plus et d’énormes manifestations ont lieu aux quatre coins du pays. Compaoré fuit en Côte d’Ivoire, avec l’aide de la France !

Un président de la transition est nommé : Michel Kafendo, lui et son équipe doivent mener à bien les élections présidentielles du 11 octobre 2015.

Le 16 septembre 2015, Kafendo et son premier ministre Zida sont pris en otage par le RSP (régiment de sécurité présidentiel, mis en place du temps de Compaoré), une armée dans l’armée constituée de 1’300 hommes très armée.

Le général Dienderé se proclame président. Il reprochait à la transition de n’avoir pas permis aux personnes qui avaient soutenu Compaoré de se présenter aux présidentielles et de vouloir dissoudre le RSP.

Grèves générales et nombreuses manifestations dans toutes les villes du pays, le RSP tire, une dizaine de morts et une centaine de blessés. La Cedeao( communauté économique des Etat d’Afrique de l’Ouest) envoie le 19 septembre deux représentants ( président du Sénégal et président du Bénin) comme médiateurs.

L’accord trouvé le 20 septembre ne plaît ni aux partis politiques, ni à la société civile parce qu’il conclut à une amnistie du RSP. Manifestations encore…

Le 21 septembre, l’armée régulière envoie des soldats des garnisons des autres villes du pays à la capitale.

Cette pression accélère les choses - 22 septembre : Le Président Kafando n’est plus otage du RSP et est à la Résidence de l’ambassade de France ; Le Premier Ministre Y. I. ZIDA a été libéré par le RSP dans le courant de la nuit ; L’armée républicaine encercle Ouagadougou et une partie est entrée dans la capitale ; les éléments du RSP sont retranchés au Camp Naba Koom à l’intérieur du palais présidentiel. Le RSP n’a pas encore déposé les armes. toute la nuit les négociations se sont poursuivies entre les chefs de corps de l’armée régulière et le RSP pour obtenir leur reddition. Le chef d’état major général des armées, le général P. Zagré souhaite éviter un affrontement meurtrier et préserver l’unité de l’armée ; raison pour laquelle il donne la chance aux négociations pour l’instant ; Le RSP, 1300 hommes (près de 10 000 hommes de l’armée régulière sont massés autour de Ouaga) est complètement isolé. Rejeté par la population dans sa large majorité, il est condamné par les chancelleries et la communauté internationale ; La société civile continue la pression à travers la résistance active ; la mobilisation continue, forte et grandissante partout dans les grandes villes. Dans les autres villes du Burkina, la mobilisation continue, forte et grandissante.

23 septembre : signature d’un accord entre l’armée et le RSP Le RSP se retire dans sa caserne, les troupes de l’armée régulière venues en renfort se retirent à 50 km de Ouagadougou.

25 septembre le gouvernement dissout le RSP. Les hommes seront affectés dans l’armée régulière et leur désarmement commence.

27 septembre : certains éléments du RSP refusent le désarmement en cours. Processus stoppé…

29 septembre : l’armée régulière entoure le camp où sont retranchés les irréductibles du RSP. L’armée libère le camp. La vie reprend son cours à la capitale.

Eliane Longet