La plus large coalition de la société civile en marche pour le suivi des Objectifs de développement durable

Réunion des coalitions européennes à Prague

 Contexte historique

Lancée à Porto Alegre-Brésil en 2005 par des ONG telles que OXFAM, Action-Aid et de réseaux tel que Social Watch, la Campagne mondiale contre la pauvreté a été portée par des coalitions nationales et régionales dont l’Europe. De ce fait, elle est devenue la plus large coalition internationale de la société civile pour le suivi des Objectifs du millénaire (1).

Les coalitions, quant à elles, sont des organisations de la société civile déjà organisées dans les pays qui ont adhéré la campagne afin de faire, autant le suivi que la pression pour l’accomplissement des Objectifs du Millénaire. Ceux-ci ont été établis par les Nations-Unis en l’an 2000.

En Europe, dès le départ, une vingtaine de coalitions ont été engagées dont  BOND de la Grande-Bretagne, Concorde de la Belgique, la Coordinadora de l’Espagne ainsi que d’autres de la France, L’Italie et de l’Europe de l’Est (2).

Pour la gouvernance globale, des représentant-e-s des Comités de facilitation régionaux et de groupes de travail ou tasks forces, tel que la Feminist Task Force, ont abouti à un Comité de facilitation au niveau mondial.

 

Prague : décision de relancer la campagne vers l’horizon 2030 pour le suivi des ODD

La réunion à Prague tenue entre le 19 et 21 avril, fait suite de l’assemblée générale de GCAP (3) réalisée à New York en septembre 2015, dans le contexte du plaidoyer de la société civile lors de l’approbation des Objectifs de développement durable. Une déclaration a été produite à l’issue de cette assemblée (4). Elle marque les grandes lignes stratégiques des futures actions du GCAP vers 2030.

Les objectifs étant de : i) passer en revue l’expérience du réseau européen pendant la période 2005-2015 et la mettre en perspective avec le suivi des objectifs de développement durable, ODD ; ii) planifier 2016-2017 ; iii) préparer le projet à présenter à l’Union européenne, pour financer une partie du programme de plaidoyer mondial.

A l’analyse des documents de base (5) et la détermination de la valeur ajoutée de GCAP développée depuis 2005, environ une quinzaine de coalitions présentes (6) ont affirmé leur engagement pour continuer la campagne vers 2030 et ainsi faire le suivi de l’accomplissement des ODD.

Compte tenu des contextes différents, la situation des coalitions nationales est diverse.

Bilan en grandes lignes :

La coalition anglaise attachée dès le départ au lancement du GCAP a développé un véritable savoir faire avec ses 40 organisations coordonnées par BOND et est très active.

En Slovénie la campagne « Action 2015 », campagne lancée que pour 2015, a été très cantonnée à la capitale et de ce fait l’arrière pays n’a quasiment pas entendu parler des ODM.

En Georgie n’ayant que très peu de ressources la capacité d’action est restée très limitée.

Mise à part des petites ONG, ni les grandes ONG ni les syndicats ont été impliqués en Autriche. Certains acteurs ont été néanmoins actifs par la III Conférence Internationale sur le financement au développement ayant eu lieu à Addis Abbeba (7). Les deux premières conférences sur le financement ayant eu lieu à Monterrey et Doha.

La plateforme grecque de sont côté est en train de créer un mécanisme de suivi aux ODD.

En Suisse, un retournement de situation. L’engagement du gouvernemental à atteindre le 0.5% en 2015 risque d’être revu à la baisse. Au début 2016 des coupes importantes à l’aide au développement ont été annoncées et la plateforme des ONG suisses, a lancé la campagne « Appel contre la faim et la pauvreté ».

Des nouveaux partenaires en France sont en train d’être approchés.

Le siège de GCAP étant à Bruxelles, cette coalition est très active. Les actions sur le changement climatique menées dans le cadre de la Conférence des parties (COP), sur le Cadre sur le Changement climatiques des Nations-Unies (UNCCC), y ont été un succès.

Au niveau régional, à part les ONG porteuses du GCAP, le grand public ne s’est pas beaucoup investi pour les objectifs de développement du millénaire. Toutefois, les synergies développées avec d’autres campagnes allant dans le même sens (8) et la recherche de partenariats ont été couronnées de succès malgré quelques-unes dont la coordination par les délais courts a été difficile. Ces aspects, ainsi que la convergence avec des réseaux ou tasks forces thématiques, liés aux différents ODD sont à renforcer.

Le contexte marqué par la crise des refugiés a été analysé et il faudra l’incorporer aux actions. La campagne devra partir de la réalité du continent sans perdre de vue la solidarité globale.

Par ailleurs, le mouvement autour de la justice fiscale est important car les sièges principaux de plusieurs institutions financières et des entreprises transnationales, se trouvent sur le continent. Cette thématique sera relevée pour les actions du 1er anniversaire des ODD, en septembre, où une semaine lui sera consacrée.

 

Vers 2030

Le focus pour les 3 ans à venir sera porté sur les refugiés, l’équité de genre et la justice fiscale transversalisant les 17 ODD que eux, dû à leur approche systémique et interconnectée, ne devraient pas être divisés.

Des idées ont été apportées pour le troisième objectif de la réunion, élaborer un projet à présenter à différents bailleurs européens, afin de financer les principales actions à développer sur le continent sur 3 ans (y compris 2016 dès septembre).

Bien qu’avec un positionnement certain acquis pendant dix ans, le changement du logo « Global Call to Action Against Poverty, Together for Equality », a été perçu comme nécessaire car il a fait ses preuves, mais aucun accord ne fut trouvé. La responsabilité de continuer le travail a été transférée vers le Conseil global du GCAP. L’idée étant de trouver un slogan plus axé sur la réalité à atteindre qu’à être contre la réalité actuelle, tout en gardant les notions de pauvreté, d’égalité et de justice.

A noter que l’organisation de la réunion, conjointe entre le siège de GCAP et EDUCON du pays hôte, a été d’une grande qualité.

 

Luisa Cruz Hefti

Feminist Task Force et Fédération Genevoise de Coopération.

(1) Global Call to Action Against Poverty, Together for Equality, GCAP, à son origine en 2005 WHITEBAND. Voir rapport 2015 sur

(2) Coalitions avec focal point actives : Espagne, Portugal, France, Italie, Malte, Slovénie, Grèce, Bulgarie, Roumanie, République Tchèque, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Irlande, Lituanie, Lettonie, Russie, Georgie, Autriche.

(3) voir

(4) voir

(5) « Strategy Document of the new GCAP, The futur of Gcap from 2016 », « Governance of the new Gcap », « Discussion Document on SDGs Coalition », la Déclaration de New York « Mobilising Against Inequalities, Making Leave No One Behind a Reality » : documents annexés au rapport.

(6) Coalitions et constituency présents : UK (Bond), Espagne (CONGDE, via skype), Bulgarie (BPID), Grèce (Hellenic Platform for Development), Portugal, Italie, Slovénie, Georgie, Autriche (AT, informelle car pas encore officialisée), Belgique, Allemagne, République Chèque (EDUCON, organisatrice) et la Feminist Task Force.

(7) voir

(8) Par exemple : Millenium Campaign, Beyond 2015, Action 2015, etc.