Faire venir en Suisse un partenaire du Burkina Faso ou d'ailleurs : mission impossible

Pour un burkinabè obtenir un visa pour la Suisse était jusqu'ici difficile.

Mais maintenant c'est devenu mission impossible. En effet dès le 14 mars 2013, chaque demandeur de visa dans l’espace Schengen doit dans un premier temps se présenter personnellement à l’Ambassade de Suisse à Abidjan pour le recueil des identitfiants biométriques (empreintes digitales).

Ce qui veut dire que le requérant doit faire plus de 1000 km pour se présenter à Abidjan le matin entre 10h00 à 12h00 et ceci n'est possible que trois jours par semaine. Pour se rendre de Ouaga à Abidjan, Il faut compter en tout cas 15 heures de route et le train peut mettre plusieurs jours. L'avion, lui, revient à 500 euros.

Une fois que vos empreintes sont prises, vous laissez à l'ambassade les nombreux papiers qu'on vous demande pour le visa (entre autre la preuve que vous avez un billet d'avion, la preuve que vous assez d'agent sur votre compte bancaire pour faire face aux dépenses en Suisse et multiples papiers qui fouillent votre existence jusqu'à vos factures d'électricité; ce qui exclu d'avance les burkinabè qui vivent en zone rurale.

Une fois ce parcours du combattant accompli, vous devez à nouveau passer 15 heures sur la route pour revenir au Burkina. 

C'est le sommet de l'absurde, tout cela parce que l'agence consulaire suisse du Burkina n'est pas équipée d'appareils qui peuvent prendre des empreintes. C'est un moyen très efficace de fermer notre pays, comme me l'a dit ce matin un fonctionnaire de Berne : " Pourquoi dépensez-vous de l'argent pour faire venir votre partenaire, vous n'avez qu'à le rencontrer à Ouagadougou".

Voilà, pour nos associations ce sera mission impossible que de faire venir nos partenaires pour des échanges et des rencontres, mais nous pourrons en tout temps nous rendre au Burkina, car nous nous sommes libres de voyager comme bon nous semble.

Eliane Longet, présidente de Graine de Baobab